Les Seconds vins de Bordeaux volent la Vedette
C’est à l'automne dernier que se tenait au terminal des croisière dans le Port de Québec le RDV Déclaration, Fréchette Vins d’exception et Mark Anthony.
Par Mikey Colangelo Lauzon, KStG., membre de l’International Wine & Food Society,
et Simon Bullock, FWS, Bdx ML, spécialiste des vins français — tous deux amateurs de goût.
Les classements historiques, les noms prestigieux et les prix parfois vertigineux dominent l’imaginaire du vin de Bordeaux. Pourtant, ces mêmes facteurs ont créé un espace fertile pour une catégorie souvent sous-estimée : les seconds vins et cuvées dites « cadettes ». Facilement identifiables par l’absence du traditionnel « Château » associé au grand vin du domaine, ces bouteilles adoptent souvent un nom distinctif, évocateur ou séduisant, signalant leur filiation sans en reprendre le titre principal. Ces seconds vins visent un profil plus accessible — tant sur le plan gustatif que financier — adapté à une consommation plus spontanée et à une nouvelle génération d’amateurs.
Avec la remarquable série de millésimes favorables qu’a connue Bordeaux ces dernières années, les grands vins de la région ne sont plus exclusivement réservés aux grandes occasions ni protégés par des prix prohibitifs. Le monde des seconds vins est vaste, diversifié et prêt à être exploré.
Du côté des rouges, il est difficile de se tromper avec Le Grand Bateau (SAQ Cellier +14715357), élaboré par Château Beychevelle, une porte d’entrée fiable vers l’élégance du Médoc. Certaines bouteilles se démarquent particulièrement par leur constance et leur rapport qualité-prix.
Les Parcelles de Stéphane Derenoncourt (environ 28 $) offre un fruit mûr et une structure souple, portant la signature reconnaissable du célèbre œnologue bordelais. L’Essence de Courteillac (environ 30 $), Bordeaux Supérieur expressif et énergique, provient du même domaine que le réputé Château Courteillac. Les Hauts de Bel-Air (environ 25 $) séduit par son profil frais et charmeur, démontrant qu’il n’est pas nécessaire d’attendre une décennie pour apprécier les bénéfices d’un bon terroir. Ces vins incarnent la générosité du Bordeaux contemporain : prêts à boire dès maintenant, tout en possédant la structure nécessaire pour un court vieillissement en cave.
Les amateurs de blancs ne sont pas en reste
L’Entre-Deux-Mers Réserve du Domaine de La Huste (environ 26 $) apporte fraîcheur et éclat floral, parfait avec poissons et fromages de chèvre. Le G de Guiraud (environ 32 $), issu du prestigieux Château Guiraud, impressionne par sa profondeur aromatique et sa minéralité nette, démontrant avec assurance le savoir-faire du domaine dans les vins secs. Enfin, le Bordeaux Blanc du Domaine de Thieuley (environ 27 $) conjugue vivacité et rondeur, idéal à l’apéritif ou sur un plateau de fruits de mer.
Au-delà de la question du prix, ces cuvées témoignent d’une évolution dans la mentalité bordelaise. Les propriétés élargissent désormais leur gamme pour proposer des vins plus ouverts, sincères et accueillants pour une nouvelle génération de consommateurs.
Bonne nouvelle donc pour les amateurs québécois : il est en effet aujourd’hui possible de trouver des Bordeaux de caractère, prêts à être appréciés jeunes, à un prix raisonnable. Bordeaux rejoint enfin les amateurs là où ils se trouvent — et le plaisir dans le verre n’a rarement été aussi accessible.
Parmi les autres options solides disponibles à la SAQ figurent :
• Château Fourcas Dupré N°2 Haut-Médoc 2019
• Les Aigles d'Anthonic Moulis-en-Médoc 2021
• Les Hauts de Lestac Haut-Médoc 2020
• Château Marsau Prélude 2021
• La Closerie de Camensac 2021
• Chapelle de Potensac 2020
• Haussmann Cuvée Hortense Entre-Deux-Mers 2023
• La Demoiselle de Sigalas 2017
• Château d'Arsac Cuvée Céline 2021
• Lions Blanc Sec de Suduiraut 2023
• Château Guiraud Le G de Guiraud 2024![]()







